Accident aérien · Grand Est
Onze morts dans la chute d'un avion de parachutisme près de Nancy
À Tomblaine, un Pilatus PC-6 avec cinq moniteurs, cinq sauteurs débutants et son pilote s'est abattu quelques secondes après le décollage, à une centaine de kilomètres de la frontière luxembourgeoise.
Par Tom Schmit · · 5 min de lecture

Le vol a duré quelques secondes à peine. Dimanche matin, un avion léger qui emmenait des parachutistes débutants vers leur premier saut s'est abattu peu après son décollage d'un petit aérodrome aux portes de Nancy, tuant les onze personnes à bord. C'est l'un des accidents d'aviation civile les plus meurtriers qu'ait connus la France depuis des années — un drame survenu sur le flanc sud de la Grande Région.
L'appareil monomoteur s'est écrasé vers 11 heures, ce 28 juin, à Tomblaine, commune limitrophe de Nancy, dans le département de Meurthe-et-Moselle. Selon Al Jazeera et Euronews, il a fini sa course sur une zone herbeuse proche de la piste de l'aérodrome de Nancy-Essey, à hauteur d'un secteur résidentiel et de deux axes routiers. Personne au sol n'a été blessé.
Les victimes sont le pilote et dix passagers — cinq moniteurs de parachutisme et cinq élèves —, rapporte Al Jazeera, qui cite les autorités locales. La presse française précise que le groupe était venu pour un baptême de parachutisme et que figuraient parmi les stagiaires des infirmières libérales du département.
Un appareil tombé « subitement »
L'avion venait tout juste de quitter le sol. Le maire de Tomblaine, Hervé Féron, a indiqué qu'il était en phase de montée lorsqu'il a chuté sans prévenir. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a décrit un appareil « tombé subitement » après le décollage, selon franceinfo. Le média spécialisé AeroTime rapporte que l'avion a légèrement dérivé sur la gauche après l'envol, amorcé un virage à gauche, puis s'est écrasé juste en limite du périmètre aéroportuaire, à proximité d'une zone commerciale.
Un riverain a confié à Al Jazeera avoir entendu « un bruit comme si le moteur s'était arrêté en plein vol », suivi d'une violente détonation. La cause de l'accident reste à ce stade indéterminée, et les autorités préviennent qu'il faudra peut-être des jours, voire des semaines, pour reconstituer l'enchaînement des faits.
Il n'y a pas eu de dommages collatéraux, mais malheureusement toutes les personnes qui se trouvaient à l'intérieur sont décédées.
Ce constat du maire, Hervé Féron, a été confirmé par la préfecture de Meurthe-et-Moselle, qui a fait état de l'absence de victime au sol.
L'avion et le club organisateur
L'appareil était un Pilatus PC-6 Turbo Porter, un turbopropulseur monomoteur à aile haute de fabrication suisse, véritable cheval de bataille des clubs de parachutisme dans le monde entier pour ses décollages courts et sa capacité à hisser une « tablée » de sauteurs jusqu'à l'altitude de largage. AeroTime et le site spécialisé Avions Légendaires l'ont identifié comme un PC-6 immatriculé en Allemagne, sous le matricule D-FIPS, exploité pour un club de parachutisme installé sur l'aérodrome. Avions Légendaires indique que la cellule datait du début des années 1990 — un historique de propriété qui n'a pu être vérifié de source indépendante et qui n'est pas central dans le drame.
Parmi les morts figurent les moniteurs qui encadrent ces baptêmes et les novices venus tenter l'expérience — un profil qui a fait résonner l'accident bien au-delà du seul milieu aéronautique. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a parlé d'une terrible tragédie, soulignant qu'aucun accident de parachutisme d'une gravité comparable n'avait été enregistré depuis une trentaine d'années, selon les chaînes françaises.
Deux enquêtes ouvertes en parallèle
La France a engagé des investigations sur deux fronts. Le BEA — le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses pour la sécurité de l'aviation civile — a ouvert une enquête de sécurité technique et dépêché une équipe sur les lieux. Une enquête judiciaire distincte a été confiée au parquet de Nancy, avec le concours de la section de recherche de Paris et de la brigade de gendarmerie des transports aériens de Nancy-Metz.
Les enquêteurs devraient se pencher sur la liste habituelle des hypothèses dans une perte de contrôle peu après le décollage :
- la trajectoire de l'avion et un éventuel décrochage durant la montée ;
- l'état technique du moteur et de la cellule, ainsi que le carnet d'entretien ;
- le chargement et le centrage de l'appareil ;
- les conditions météorologiques au moment des faits ;
- les témoignages et les éventuelles données de vol enregistrées.
Les autorités françaises ont qualifié cet accident du plus meurtrier de l'aviation civile en France hors transport militaire et commercial — la mesure de ce qu'une catastrophe d'une telle ampleur a d'exceptionnel dans l'aviation de loisir.
Un drame aux portes de la Grande Région
Pour le lecteur luxembourgeois, la géographie a quelque chose de saisissant. Nancy se trouve à une centaine de kilomètres au sud du Grand-Duché — environ 102 km à vol d'oiseau depuis Luxembourg-Ville, un peu moins de 120 km par l'autoroute —, dans un coin de Lorraine qui appartient à la Grande Région transfrontalière. C'est un territoire que connaissent bien des dizaines de milliers de frontaliers et de voyageurs du week-end, même si rien n'indique qu'un résident luxembourgeois figure parmi les victimes.
Cette proximité rappelle combien le Grand-Duché est tissé à la vie de son voisin français. La Grande Région — qui réunit le Luxembourg, la Lorraine, la Sarre, la Rhénanie-Palatinat et la Wallonie — fonctionne comme un même bassin d'emploi et de circulation : une catastrophe en Meurthe-et-Moselle s'y lit comme une nouvelle locale, des deux côtés de la frontière.
À la tombée de la nuit, dimanche, la carcasse de l'appareil à Tomblaine était placée sous scellés, et le minutieux travail d'identification des victimes et de reconstitution du vol commençait. Pour les familles des moniteurs et des sauteurs d'un jour partis pour un dimanche de ciel clair au-dessus de la Lorraine, les réponses ne viendront jamais assez vite.
Questions fréquentes
- Que s'est-il passé à Tomblaine le 28 juin 2026 ?
- Un avion léger de parachutisme, un Pilatus PC-6, s'est écrasé quelques secondes après son décollage de l'aérodrome de Nancy-Essey, à Tomblaine. Les onze personnes à bord — le pilote, cinq moniteurs et cinq élèves — sont décédées. Personne au sol n'a été blessé.
- Connaît-on la cause de l'accident ?
- Non. La cause n'est pas établie. Un témoin a évoqué un bruit semblable à un arrêt moteur en plein vol, et l'avion aurait dérivé puis viré à gauche avant de chuter, mais les autorités préviennent qu'il faudra du temps pour reconstituer les faits.
- Qui mène l'enquête ?
- Le BEA (Bureau d'Enquêtes et d'Analyses) conduit une enquête technique de sécurité. En parallèle, une enquête judiciaire est confiée au parquet de Nancy, avec la section de recherche de Paris et la brigade de gendarmerie des transports aériens de Nancy-Metz.
- L'accident concerne-t-il le Luxembourg ?
- Nancy se situe à environ 102 km de Luxembourg-Ville, au sein de la Grande Région transfrontalière très fréquentée par les frontaliers. À ce stade, aucun résident luxembourgeois n'a été confirmé parmi les victimes.
Sources(8)
- 1At least 11 dead as skydiving plane crashes in FranceAl Jazeera · aljazeera.com
- 2France: 11 killed in civilian plane crash near NancyEuronews · euronews.com
- 3Pilatus PC-6 carrying skydivers crashes in France, 11 killedAeroTime · aerotime.aero
- 4Crash d'un avion près de Nancy : 11 morts, les victimes étaient venues pour un baptême de parachutismeFrance 3 Grand Est / franceinfo · france3-regions.franceinfo.fr
- 5DIRECT. Crash d'un avion près de Nancy : l'appareil est «tombé subitement» après son décollage, déclare le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñezfranceinfo · franceinfo.fr
- 6Crash mortel d'un Pilatus PC-6B dans la banlieue de NancyAvions Légendaires · avionslegendaires.net
- 7Accident d'avion lors d'un baptême de parachutisme près de Nancy : onze mortsLa DH/Les Sports+ · dhnet.be
- 8Skydiving plane crashes in eastern France, killing all 11 on boardTürkiye Today · turkiyetoday.com



